Covid-19 : la France se met à l’ère des robots

Avec la pandémie de coronavirus, subvenir aux entreprises touchées par la crise sanitaire et économique devient un enjeu majeur : le plan de relance du gouvernement français contient plusieurs mesures en faveur de leur modernisation, notamment à travers la cobotique, pour garantir une meilleure compétitivité et une hausse de la production.

460 millions d’euros pour financer l’industrie du futur

Le gouvernement entend relancer son Prêt French Fab avec une enveloppe de 45 millions d’euros pour aider les PME et les TPE à se numériser et se moderniser. Ce dispositif permet à la banque de mettre à disposition des entreprises jusqu’à 500 millions d’euros de prêts. Celles-ci pourront ainsi prétendre, dès ce mois-ci, à des montants compris entre 100 000 euros et 5 millions d’euros, sur une durée modulable de 2 à 12 mois.  

Mais les mesures ne s’arrêtent pas là : la subvention « Industrie du futur » sera donnée aux PME et ETI industrielles à condition qu’elles investissent dans les nouvelles technologies. Les entreprises doivent se tourner vers des catégories précises, telle que la réalité virtuelle/augmentée ou la mise en place d’équipements robotiques ou cobotiques. Le budget prévu s’élève à hauteur de 40 millions d’euros en 2020, 140 millions en 2021, et cette même somme en 2022, soit 320 millions en tout. D’autres subventions, dotations et fonds de soutien sont prévues, notamment dans le secteur de l’automobile, ce qui alloue un budget de 460 millions d’euros au total.

La robotique industrielle et la cobotique à l’ère du Covid-19

La pandémie actuelle a amplifié l’innovation dans la robotique. Les entreprises ont souffert avec l’arrêt brutal de leurs productions. Seuls les robots industriels ont pu maintenir les chaînes de productions. Pour respecter les gestes barrières et pour protéger leur salarié, face à un avenir incertain, les entreprises n’ont pas le choix de s’adapter. Depuis quelques mois, la vente des robots industriels, notamment des cobots, a fortement augmenté partout dans le monde.

Le cobot a plus de succès que le robot industriel, car il bénéficie d’une meilleure image : cette machine automatisée n’a pas pour vocation de remplacer l’Homme, mais de collaborer de concert avec lui. Contrairement à un robot classique, il ne sera jamais pensé pour être autonome, mais pour être utilisé en temps réel ou configuré à l’avance. Ils peuvent être pilotés par un opérateur à proximité immédiate ou commandés à distance. Les bras mécaniques des cobots ne peuvent donc pas remplacer pleinement l’ouvrier.

Le cobot plaît d’avantage aux TPE et aux PME, car il est moins coûteux que le robot industriel classique. Il est aussi moins encombrant et plus facile à programmer : il peut réaliser plusieurs tâches et donc ne pas agir de manière répétitive comme le robot industriel. Il peut par conséquent s’adapter aux besoins de l’entreprise.

Un défi RH pour l’avenir

Les nouvelles opportunités offertes par ces technologies plaisent aux entrepreneurs, 61 % d’entre eux s’attendent à ce que leurs sociétés utilisent des robots dans des environnements non-supervisés d’ici deux ans. Ces nouvelles installations demandent aussi de nouveaux cerveaux au sein de l’entreprise : la demande de techniciens en robotique a augmenté de 121 % entre 2017 et 2019, celle de data scientists de 88 % depuis 2018.

Ils ne doivent cependant pas oublier pour autant leur personnel, qui pourrait voir ces machines d’un mauvais œil : s’ils sont 55 % à dire que leurs employés y parviendront sans problème, 45 % d’entre eux pensent que la collaboration des salariés avec les robots constituera un défi. Pourtant, selon une étude de 2016 du MIT, la collaboration entre un humain et un robot est 85 % plus productive qu’un humain ou qu’un robot seul.

A propos de l’auteur

Celine A.
Celine A.
Céline est la plus jeune de l'équipe rédaction. Du haut de sa vingtaine d'année, elle est dynamique et travailleuse, rien ne l'arrête. Elle affectionne tout particulièrement les sujets un petit peu plus féminin, mais sait de quoi elle parle quand elle traite pourtant d'automobile ou de mécanique.