Relocalisationsation des migrants : Cazeneuve pour une solution respectable

Face à la question de la relocalisation des migrants, les autorités françaises n’entendent pas recourir à la force. D’ailleurs, le nombre des effectifs de CRS sur place n’a même pas été renforcé et beaucoup d’observateurs pensent que l’utilisation de la force, pour déloger ces migrants désespérés, qui comptent parmi eux un nombre important de mineurs, ne ferait que les contraindre à rejoindre d’autres campements voisins, et à se disperser.
Chemin du camp de migrants à calais

Bernard Cazeneuve pour le « respect des personnes »

D’une part, face à l’appel à une solution radicale de certains élus locaux et d’autre part face à l’appel de certaines associations pour le respect « des droits fondamentaux », le ministre de l’intérieur français, Bernard Cazeneuve, plaide pour un traitement « humanitaire » du cas des migrants. Monsieur Cazeneuve a d’ailleurs visité un centre d’accueil et d’orientation (CAO) situé au Mans lundi dernier, et a affirmé avoir donné des instructions à la préfecture pour une solution « J’ai demandé à la préfète du Pas-de-Calais, de procéder dès cette semaine, à la mise à l’abri de tous les migrants vivant encore dans la zone sud de la lande, bien entendu en procédant de façon progressive et en privilégiant à chaque instant le dialogue, la persuasion et l’information des migrants».

Cette zone du sud abrite, selon les estimations reçues, entre « 800 et 1000 » personnes qui vivent dans cette « jungle ». Certaines associations comme le Secours catholique ou Emmaüs, pensent que ce projet concernerait «3450 personnes, dont 300 mineurs isolés».

Lieux de Relocalisation des Migrants

Les appels de demandes d’accueil ont été reçus positivement dans certaines localités, comme dans certains villages locaux, qui sont même parfois peuplés que de quelques centaines de personnes. 2691 naufragés du Calaisis ont été recueillis par les centres d’accueil et d’orientation en l’espace de quatre mois. Ces centres permettent aujourd’hui aux migrants de faire valoir « l’ensemble de leurs droits ».

D’habitude, les migrants sont installés dans des bâtiments dédiés à des activités associatives ou encore dans des centres de vacances pour y rester quelques mois en attendant de constituer leur dossier de demande d’asile. De là, ils pourront bénéficier d’une réorientation en centre d’accueil de demandeurs d’asile (Cada), d’un suivi social et sanitaire ou à un droit au séjour pour soins.

Orienter en tenant compte de « leurs droits »

Dans un état de la situation établi au 31 décembre 2015, il est indiqué que 5 % des migrants détiennent déjà un statut de réfugié et étaient en attente pour une solution de relogement pérenne. 80 % d’entre eux, qui se trouvent dans les centres d’accueil et d’orientation, ont déposé leur dossier de demande d’asile en France, et pour le reste, aucune demande n’a été formulée. Mais, il est à noter que, parmi les 2691 migrants accueillis, 500 d’entre eux sont repartis sans laisser de trace.

En effet, depuis janvier 2015, 1648 migrants ont été orientés vers des centres d’accueil pour demandeurs d’asile ou vers des structures d’accueil temporaires. D’ailleurs, le ministère s’est réjoui qu’en treize mois, un total de 4 339 personnes ait été orienté « vers un dispositif adapté à leurs droits » hors des campements de Calais ou de Grande-Synthe. Le ministre Bernard Cazeneuve pense qu’« À terme, la zone sud de la lande, qui n’est que boue et désespérance, aura ainsi disparu » avec la poursuite des démarches entreprises.

A propos de l’auteur

Guy T.
Guy T.
Guy est le doyen de l'équipe de rédaction. A l'approche de ses 40 printemps, il amène l'expérience et la sagesse dans notre équipe et offre son aide et son soutien aux plus jeunes du groupe. Un membre indispensable dans la rédaction de EXS qui sait traiter des sujets en profondeur en connaissant les antécédents.