Des produits potentiellement toxiques dans les tampons ?

Alors que les industriels refusent de fournir la compositions exactes de leurs tampons, serviettes hygiéniques et protège-slips, une enquête met en avant que ces protections contiendraient des traces de produits chimiques irritants et potentiellement cancérigènes !
Des tampons, protège-slips et serviettes hygiéniques

Des protections qui mettraient les femmes en danger ?

Qu’est-ce que recèlent les produits de protection périodique qu’utilisent les femmes chaque mois ? C’est la question qui est sur de nombreuses lèvres en ce début de semaine. Suite à la publication d’une enquête du magazine 60 millions de consommateurs, on a effectivement appris que des traces de produits chimiques avaient été détectées sur des tampons et serviettes hygiéniques de plusieurs marques. Cela fait des mois que le magazine s’évertue à découvrir la composition exacte de ces produits, une composition que les industriels tardent d’ailleurs à fournir, laissant un doute sur la réelle sanité de ces produits.

Au total lors de cette enquête, ce ne sont pas moins de 11 références qui ont été passées au crible, à la recherche de molécules indésirables. Une enquête, publiée dans le numéro 153, qui est venue confirmer les craintes pressenties par le magazine et a laissé apparaître des traces suspects de désherbant et autres produits toxiques sur certains produits.

Des dioxines chez deux grandes marques

Premier point, et pas des moindres, le centre d’essais du magazine a détecté des résidus de produits potentiellement toxiques dans 5 des 11 produits qui ont été analysés. Ainsi ont été trouvées des traces de dioxine, un polluant industriel, dans des références des marques O.B et Nett. Il a aussi été trouvés des dérivés halogénés, des sous-produits servant au traitement de matières premières, dans un produit de la marque Tampax.

Au rang des produits qui ne devraient se trouver là, on trouve aussi le glyphosate, la principale substance de l’herbicide Round up, dans des protège-slips de la marque Organyc, une marque qui se veut pourtant bio. Pour finir, des résidus de la famille des pesticides organochlorés et pyréthrinoïdes, des insecticides, ont aussi été mis à jour dans des serviettes hygiéniques de la marque always, qui pourtant n’utilise pas de coton dans ces produits.

De faibles quantité qui n’excluent pas les risques

Bien sûr, l’enquête le fait remarquer, les quantités découvertes de ces produits toxiques sont infimes, mais cela ne rassure pas entièrement. Ces traces de résidus n’ont absolument rien à faire dans des produits d’hygiène.  » Ce n’est pas parce que les taux sont faibles que l’on peut garantir le risque zéro. En l’absence d’étude sur le passage systémique de chaque substance à partir du vagin, on ne peut rien conclure. D’autant que le vagin a une perméabilité très sélective en fonction des substances, ce qui a été très bien étudié pour les médicaments. « , a ajouté le Dr Jean-Marc Bohbot, infectiologue et directeur médical à l’Institut Fournier, à Paris.

Aujourd’hui, nous sommes donc au courant de ces produits toxiques que l’on peut retrouver dans certaines protections périodiques, mais le manque de données ne permet pas aux scientifiques de pouvoir réaliser les analyses nécessaires. Ainsi, on sait que le risque zéro n’existe pas, mais il est impossible de tirer quelconque conclusions fiables sur les risques encourus suite à des contacts avec ces produits contaminés. Suite à cette enquête, la Direction générale de la santé, le cabinet de la ministre de la santé et la Répression des fraudes ont été alertés afin qu’une réglementation spécifique voit le jour afin d’obliger les fabricants a réaliser des contrôles et garantir des produits hygiéniques saints, sans résidus toxiques comme les ont mis en avant cette enquête.

A propos de l’auteur

Victoria F.
Victoria F.
Victoria est l'acrobate de l'équipe de rédaction. Elle peut vous parler de tout pendant des heures, produire des articles sur la finance, la culture ou le sport en même temps sans se mélanger dans ses idées, un véritable petit génie. C'est aussi le dernier rédacteur, enfin rédactrice, qui a rejoint l'équipe.