Libye, le chaos qui profite à l’État Islamique

Depuis la chute de l’emblématique guide libyen Mouammar Kadhafi il y a cinq ans, une mésentente totale règne entre les deux parlements libyens. Ces derniers, dont l’un basé à Tripoli et l’autre à Tobrouk, n’ont pas encore trouvé de solution à la crise qui est en train de ruiner le pays. En effet, ils se sont retrouvés, deux fois de suite depuis 20 mois, sans s’entendre sur la création d’un gouvernement d’union nationale, jugée être le seul moyen de mettre fin au désordre qui sévit dans le pays.
Les dégats de la guerre en Libye
Une troisième tentative de pourparlers est en vue entre les deux parlements et ce mardi même, 16 février 2016, une réunion des représentants modérés du parlement de Tobrouk, reconnus par la communauté internationale et constituée d’anciens kadhafistes, est organisée dans le but de choisir un groupe de représentants. Dans la même foulée, le choix des représentants du parlement de Tripoli, constitué d’Islamo-conservateurs, est aussi attendu, même si ces derniers ont du mal à être acceptés par les organismes internationaux.

Une économie ruinée

La guerre civile a coûté beaucoup à l’économie de la Libye. Selon une étude publiée par la National Oil Corporation (NOC), cette crise politique a coûté plus 68 milliards de dollars à l’économie du pays. Sur le plan humanitaire, l’Organisation des Nations Unies soutient que plus de la moitié des Libyens ont besoin d’aide. Les rapports indiquent aussi que plus d’un million de Libyens souffrent de malnutrition, en plus des centaines de milliers de déplacés.

Ces résultats catastrophiques n’ont certainement pas été prévus par le gouvernement français ou par la Grande-Bretagne. Quand Nicolas Sarkozy et David Cameron, qui ont aidé à la destitution de Kadhafi, ont été salués comme « libérateurs » par la population libyenne, force est de reconnaître que leur engagement, qui a déclenché cette guerre civile en Libye, continue aujourd’hui d’effrayer l’opinion internationale sur cette partie du Maghreb. En effet, le terrorisme a eu un gain de puissance à cause de l’Organisation de l’État islamique qui s’est installée dans cette zone instable.

Aujourd’hui, face à la menace de Daech et de son expansion à travers ses autres affiliés dans d’autres zones géographiques, la question qui se pose est de savoir si les Occidentaux vont de nouveau intervenir.

Cette question trouve sa réponse avec la mise en place de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, dans le but de combattre l’État Islamique. En effet, cette coalition s’est retrouvée dernièrement en réunion ce 2 février à Rome pour discuter des mesures à prendre à l’encontre de Daech, comme l’éradication du fief du mouvement djihadiste à Syrte, la guerre aux réseaux de passeurs clandestins et aussi le contrôle sur les navires.

En effet, face à l’augmentation sans cesse du nombre de djihadistes rejoignant Daech, une action militaire décisive en Libye serait une option à en croire les recommandations du Général Américain, Joe Dunford, chef d’État-major américain des armées. Cette position est partagée par son homologue français.

Non à l’envoi de Troupes au sol

L’engagement sur le terrain n’est pas encore une option pour la coalition dirigée par les États-Unis. L’OTAN ne veut pas semer de nouveau la pagaille enregistrée après l’implication du Royaume-Uni et de la France lors de la révolution libyenne. Pour l’instant, la coalition entend aider à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale qui représentera, sur le plan politique, le peuple libyen.

Les interventions de l’OTAN se limiteront donc sur l’appui logistique, par des frappes visant à affaiblir Daech. Par ailleurs, d’autres manœuvres pourraient aussi être adoptées pour assister ou former les milices locales contre l’Organisation djihadiste.

A propos de l’auteur

Celine A.
Celine A.
Céline est la plus jeune de l'équipe rédaction. Du haut de sa vingtaine d'année, elle est dynamique et travailleuse, rien ne l'arrête. Elle affectionne tout particulièrement les sujets un petit peu plus féminin, mais sait de quoi elle parle quand elle traite pourtant d'automobile ou de mécanique.