La Sorbonne lance une campagne contre le harcèlement sexuel

Une campagne vient d’être lancée, par l’Université Sorbonne Paris Cité (USPC), pour prendre en charge la problématique du harcèlement sexuel. Les universités concernées veulent aller au-delà du tabou pour éviter que les établissements supérieurs ne soient considérés comme des zones sans danger.
Une main sur l'épaule au travail

Briser le tabou

La question du harcèlement sexuel à l’université est très vague même si les cas ne manquent pas. À ce jour, il n’y a encore aucune recherche sérieuse sur la question et pas de statistiques non plus sur le harcèlement sexuel à l’université. En 2013, un rapport du Sénat dénonçait les dérives sexistes à l’Université. Il existe donc un problème réel que ne peuvent continuer à ignorer les universités. Si 40% à 60% des femmes sont victimes de violences sexistes et sexuelles au cours de leur vie, on ne peut alors raisonnablement voir l’Université comme une zone sans danger. L’USPC s’est donc rendu compte qu’il n’y a aucune raison pour que le sujet ne concerne pas ses établissements supérieurs.

L’Université est un cadre favorable au harcèlement

Le rapport du Sénat de 2013 mettait en avant le fait que l’Université soit un lieu particulièrement propice au harcèlement sexuel. Cela a trait aux caractéristiques de l’Enseignement supérieur qui permet des configurations dans lesquels un étudiant est dépendant de son professeur ou une doctorante à son directeur de thèse. Les relations assez ambiguës qu’il est possible d’avoir, et le cadre plus ou moins libre de l’Université, entretiennent une zone d’ombre d’où peuvent émerger plusieurs comportements condamnables. Il faut ajouter à cela que la nature du harcèlement sexuel est elle-même variée. Elle peut partir des plaisanteries obscènes aux commentaires sur le physique, en passant par un comportement et une tenue suspects.

Prévenir le harcèlement et aider les victimes

Les huit entités qui constituent l’USPC (Sorbonne-Nouvelle, Paris Descartes, Paris Diderot, Paris-XIII, Institut national des langues et civilisations orientales dit Inalco, Sciences Po, EHESP et le CNRS) ont donc entamé une campagne provisoire pour lutter contre le harcèlement sexuel. La campagne, qui sera expérimentée sur un an, se déploiera en deux temps. Il y aura d’abord un guide et des messages diffusés sur les réseaux sociaux, et pour faciliter la prise de parole et l’accompagnement, l’USPC a fait appel à l’Institut en santé génésique (ISG). L’institut aidera les victimes en leur donnant un suivi psychologique, une aide sociale, voire un accompagnement juridique en cas de dépôt de plainte. L’USPC espère ainsi offrir un cadre rassurant aux plus de 150.000 membres du personnel ou étudiants possiblement exposés au harcèlement sexuel.

A propos de l’auteur

Victoria F.
Victoria F.
Victoria est l'acrobate de l'équipe de rédaction. Elle peut vous parler de tout pendant des heures, produire des articles sur la finance, la culture ou le sport en même temps sans se mélanger dans ses idées, un véritable petit génie. C'est aussi le dernier rédacteur, enfin rédactrice, qui a rejoint l'équipe.