L’ONU a entamé les négociations avec l’opposition syrienne

Les négociations de paix pour rétablir la situation politique en Syrie ont débuté à Genève. Ce lundi 1er février, l’envoyé spécial de l’ONU Staffan de Mistura a discuté avec l’opposition syrienne. Ce mardi, il devra rencontrer les envoyés du régime syrien. Ce seront des négociations indirectes entre le régime et l’opposition afin de mettre en place une autorité de transition avant des élections à la mi-2017.

staffan de mistura

Un climat délétère autour de ces négociations

L’opposition syrienne, qui a beaucoup hésité avant de participer aux négociations, a émis comme condition des exigences fermes sur les mesures humanitaires que le régime devra respecter. Il est question de la fin des bombardements, de la levée des sièges et la libération des milliers de détenus civils. Mais même si le gouvernement accepte d’aller dans ce sens, il reste énormément d’obstacles à franchir avant de se réunir pour un compromis.

Le régime n’accepte pas de faire confiance à un interlocuteur qui a pour porte-parole le « général » Mohammed Allouche, membre du bureau politique du groupe armé rebelle Jaïch al-Islam (l’Armée de l’islam). Celui-ci est souvent qualifié de terroriste. De l’autre côté, le HCN (haut comité des négociations) insiste sur le fait que ces négociations ne devront pas servir à amnistier ceux qui sont coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Des pourparlers très influencés par les pays extérieurs

Il est clair dans ce dossier que c’est l’Occident tout entier qui cherche à se racheter. Dans ce sens, le ministre britannique des Affaires étrangères a martelé que « les négociations de paix sur la Syrie doivent déboucher sur une transition politique sans Assad et mettre fin aux souffrances du peuple syrien ». Les influences extérieures sont cependant nombreuses.

Les États-Unis ont dépêché à Genève la secrétaire d’État adjointe américaine pour le Moyen-Orient, Anne Patterson et l’émissaire des États-Unis pour la Syrie Michael Ratney. Mais pour beaucoup, si le dialogue doit se faire, il faudra absolument que la Russie accepte un certain nombre de compromis sur ce dossier. Elle qui se montre depuis le début de ce conflit comme un soutien infaillible du régime de Bachar el-Assad. Il y a aussi la guerre interposée que se livrent l’Iran et l’Arabie Saoudite sur le territoire syrien. C’est dans ce sens que Ban Ki Moon a appelé à ce  que toutes ces grandes puissances mettent leur désaccord de côté afin de régler la situation en Syrie.

Quel espoir avec ces pourparlers ?

La diplomatie occidentale a plus essuyé des échecs que remporter des victoires dans son intervention en Syrie. D’abord parce que Bachar el-Assad a été minimisé au tout début, mais ensuite parce qu’ils ont laissé à l’Iran et à la Russie avoir une prépondérance sur ce dossier alors que ces deux États ne veulent pas d’un changement de régime en Syrie.

On peut aussi parler d’une hésitation dans la politique des États-Unis qui n’a pas su respecter une orientation précise. Résultat : il y a eu une grande confusion entre les ambitions des grands pays occidentaux. Ces pourparlers doivent être plus que jamais l’occasion de rapprocher les différentes parties pour aboutir à une solution. Sinon, ce communiqué de Vienne qui a lancé le processus de négociations aura été vain.

A propos de l’auteur

Celine A.
Celine A.
Céline est la plus jeune de l'équipe rédaction. Du haut de sa vingtaine d'année, elle est dynamique et travailleuse, rien ne l'arrête. Elle affectionne tout particulièrement les sujets un petit peu plus féminin, mais sait de quoi elle parle quand elle traite pourtant d'automobile ou de mécanique.