Baisse des allocations pour réduire le chômage

La courbe du chômage continue de baisser alors que l’Unédic, qui gère les allocations de l’assurance chômage, voit ses dettes augmenter. Elles devraient atteindre 29,4 milliards d’euros fin 2016. Ainsi, l’appel du gouvernement est devenu de plus en plus imposant afin de changer de stratégie et de mettre en œuvre la dégressivité des allocations.

François Hollande le président

Le gouvernement veut la dégressivité des allocations

Il semble que, dans le gouvernement français, tout le monde voit la dégressivité des allocations comme un impératif pour encourager le retour à l’emploi des chômeurs. Et pourtant, la question a longtemps été vue autrement. François Hollande affirmait en 2014 que « ce n’est pas à un moment où il y a un taux de chômage élevé qu’il faut réduire les droits des chômeurs ». Rien que l’an dernier, Manuel Valls avait botté la question en touche en déclarant que toute décision revenait aux partenaires sociaux. À commencer par François Hollande, tout le monde dans l’exécutif semble maintenant avoir fait un demi-tour. C’est le président qui a récemment souligné qu’en France « la durée d’indemnisation est la plus longue d’Europe », mais que la « durée de formation des chômeurs » était « la plus courte ».

La ministre du travail, Myriam El Khomri, interrogée sur BFM TV, a expliqué que : « Si les partenaires sociaux n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la nouvelle convention de l’assurance chômage, le gouvernement prendra ses responsabilités et évoquera toutes les pistes, nous prendrons un décret ». Pour Michel Sapin, « il faut un dispositif qui accompagne le chômeur, qui le soutienne, mais aussi qui l’incite à reprendre le travail ». La volonté politique est claire, reste à savoir si les partenaires sociaux suivront cette vision des choses.

Une mesure difficilement acceptable

En réalité, cette idée de la réduction de l’indemnisation des chômeurs convainc peu les partenaires sociaux. Mais plus encore, cette intervention imposante du gouvernement français pour orienter le débat qui devrait se tenir prochainement pose problème. Les représentants du personnel et du patronat ont rendez-vous mi-février pour renégocier les règles de l’indemnisation chômage, fixées par une convention qui arrive à échéance le 1er juillet. À cet effet, M. Aubin s’indigne : « On est assez surpris que les politiques se permettent de dire ce à quoi on doit aboutir dans la négociation, alors que c’est du ressort des partenaires sociaux. Qu’ils nous laissent travailler et négocier ! ». La négociation tourne principalement autour de la taxation des régimes précaires et le maintien de la protection des demandeurs d’emploi.

La dégressivité des allocations n’emporte pas vraiment l’enthousiasme des partenaires sociaux qui doivent certainement se rappeler que cette mesure avait été mise en œuvre entre 1992 et 2001 sans pour autant se montrer efficace. Une étude de l’Insee conclut qu’elle avait même ralenti le retour à l’emploi. Toutefois, on peut concevoir que l’actualisation de cette mesure devrait appeler quelques modifications importantes. La réduction de l’indemnisation, si elle est envisagée, devrait être accompagnée d’autres mesures comme les droits à la formation. Aux partenaires sociaux de voir donc, en premier lieu, dans quelle mesure il faudrait orienter les discussions pour relancer l’emploi.

A propos de l’auteur

Celine A.
Celine A.
Céline est la plus jeune de l'équipe rédaction. Du haut de sa vingtaine d'année, elle est dynamique et travailleuse, rien ne l'arrête. Elle affectionne tout particulièrement les sujets un petit peu plus féminin, mais sait de quoi elle parle quand elle traite pourtant d'automobile ou de mécanique.