Corruption dans l’athlétisme, Pape Massata Diack ne sera pas extradé par le Sénégal

Après la mise en examen de Lamine Diack pour corruption et blanchiment d’argent, c’est au tour de Pape Massata Diack, le fils de l’ancien président de la fédération internationale d’athlétisme, d’être mis en cause par la justice française dans l’immense scandale financier qui secoue l’IAAF. Le Sénégal a cependant tenu à affirmer qu’il n’extradera pas un de ses ressortissants.

Pape Massata Diack

L’annonce de non-extradition par le premier ministre

C’est lors de sa présentation devant l’Assemblée nationale sénégalaise que le premier ministre a évoqué l’affaire Pape Massata Diack surnommée PMD. À ce titre, il a tenu à s’opposer fermement à toute procédure d’extradition. Rappelons que le journal Le Monde avait fait état d’un mandat d’arrêt international lancé par Interpol contre Pape Massata Diack. «Nous n’extraderons jamais un Sénégalais. C’est, en tout cas, les instructions qui ont été données par le Chef de l’État sur ce sujet. »

L’argument juridique a également été soulevé pour consolider cette position. Il a rappelé que le Sénégal et la France possèdent une convention judiciaire qui empêche toute extradition. Mais on peut rester sceptique sur les motivations de la décision du premier ministre. « Pourquoi  allons nous brûler nos stars ? Est-ce que tout ce que le monde a dit est vrai ? Non», a-t-il dit. Pour dire qu’il n’est pas question pour le Sénégal de laisser tomber ses ressortissants qui ont occupé des fonctions importantes sur des accusations qui ne sont pas encore avérées.

Quid des preuves ?

Avec cette nouvelle défense probablement inattendue, Pape Massata Diack peut être plus rassuré et continuer tranquillement sa vie à Dakar. Ce dernier, qui a été consultant marketing pour l’IAAF jusqu’en Décembre 2014, a clamé son innocence même s’il s’est dit prêt à répondre à la justice de son pays. « Je suis citoyen sénégalais, mais pas citoyen français. », affirmait-il récemment. Mais si le Sénégal semble également pencher vers cette position, cela ne semble pas du tout être le cas de Renaud Van Ruymbeke le juge chargé de l’enquête et de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) qui ne cessent d’amasser des preuves.

Le premier à témoigner est Gabriel Dollé, ancien président de l’antidopage de l’IAAF, qui a avoué avoir reçu 50.000 euros en espèces des mains de PMD. Mais le réseau de corruption soupçonné semble mieux tissé. On parle de chantage d’athlètes, de millions d’euros de pots de vins, de dopage, de droits de sponsoring, etc. À ce stade de l’affaire, la nouvelle intervention du Premier Ministre sénégalais rend cette histoire encore plus palpitante.

A propos de l’auteur

Celine A.
Celine A.
Céline est la plus jeune de l'équipe rédaction. Du haut de sa vingtaine d'année, elle est dynamique et travailleuse, rien ne l'arrête. Elle affectionne tout particulièrement les sujets un petit peu plus féminin, mais sait de quoi elle parle quand elle traite pourtant d'automobile ou de mécanique.