L’inquiétude de l’Inde d’avoir une infiltration d’islamistes dans son armée

Suivant une tension régulière, mais variable dans le temps, les relations entre l’Inde et le Pakistan n’ont jamais été au beau fixe. Après trois guerres majeures, les deux pays n’ont toujours pas réussi à élaborer un projet de paix viable. Les deux récentes attaques en Inde et en Afghanistan viennent embrouiller les démarches entreprises afin de rapprocher les deux pays.

Inde infiltration islamistes

La précarité des relations de paix entre Inde et Pakistan

Depuis plus de 60 ans maintenant, les relations entre l’Inde et le Pakistan sont en dents de scie. Zones frontalières avec de nombreux liens culturels et économiques, certaines dissidences politiques empêchent néanmoins ces pays de cohabiter en paix. Pourtant, de gros efforts ne cessent d’être accomplis afin de pacifier leurs relations et de trouver un semblant de cohésion. Cela se ressent au plan économique, notamment avec la présence de plus en plus manifeste de la Chine et de la Russie.

À la suite des nombreuses interventions, depuis la collaboration entre Manmohan Singh et Pervez Musharraf en 2004, qui ont tout au long de la dernière décennie fondé des espoirs avant de retomber dans la platitude. La visite surprise de Narendra Modi pour rencontrer Nawaz Sharif, en Noël dernier, avait été perçue comme une grande étape dans le processus de négociation de paix entre les deux pays. Les entretiens des deux hommes avaient suscité l’espoir d’un dégel durable qui embrayerait une relation de coopération. L’intuition diplomatique de Modi a été saluée surtout qu’elle se montrait en porte à faux avec le discours du BJP, parti nationaliste hindou qu’il dirige.

Ce parti a toujours été opposé à un rapprochement avec le Pakistan. De l’autre côté, le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif s’est toujours opposé à la politique militaire vis-à-vis de l’Inde en prônant une relation ouverte à la coopération économique. Les récentes attaques terroristes mesurent la portée de ces ambitions.

L’intervention déstabilisatrice des terroristes dans la région

L’attaque du consulat indien à Mazar-i-Charif en Afghanistan ce 3 janvier et celle plus récente de la base aérienne de Pathankot à l’intérieur du territoire indien crispe les débuts de négociation entre les deux pays. Les rencontres bilatérales prévues au cours du mois de janvier à Islamabad afin de trouver des solutions aux problèmes entre les deux pays restent en suspens. La presse indienne fait l’état d’un choc de la population face à des attaques aussi dangereuses.

L’interrogation demeure sur la responsabilité ou non d’Indiens islamistes dans la perpétration de ces attaques. En Inde, il y a une forte peur de voir l’armée infiltrée par les islamistes alors que l’état des lieux officiel annonce l’absence d’islamistes indiens actifs dans le pays. Mais ces attaques posent également la question de la responsabilité des militaires pakistanais dans la déstabilisation de la zone. Les djihadistes sont présumés mettre en œuvre la politique des militaires pakistanais dans la région.

Ces derniers ne veulent ni d’un rapprochement entre l’Inde et le Pakistan ni d’une plus grande collaboration entre l’Inde et l’Afghanistan. Ces réactions terroristes sont d’ailleurs systématiques à chaque évolution des efforts de paix entre l’Inde et le Pakistan. Reste à savoir si la rationalité des terroristes prendra le pas sur la volonté conjuguée des deux pays à franchir leurs désaccords historiques afin de s’engager durablement dans un processus de paix.

A propos de l’auteur

Victoria F.
Victoria F.
Victoria est l'acrobate de l'équipe de rédaction. Elle peut vous parler de tout pendant des heures, produire des articles sur la finance, la culture ou le sport en même temps sans se mélanger dans ses idées, un véritable petit génie. C'est aussi le dernier rédacteur, enfin rédactrice, qui a rejoint l'équipe.